Ciné'log

2026

Mai

Juin

Juillet


L'île nue - ★★★,5

裸の島梦

30/06

réal. Kaneto Shindō

sorti en 1960

Japon

Volontairement long, aux images magnifiques bien que, de l'avis du réalisateur lui-même, assez illogiques pour des fermiers (on arrose pas en plein soleil !), le film a une certaine torpeur, le poids d'une fatalité de deux fermiers perdus sur une île qui ne peuvent déroger à leur rituel pour s'en sortir, quitte à être cruel l'un envers l'autre. Pas mon travail préféré de Shindo, mais un film à voir avec ses commentaires !


Noblesse Oblige - ★★★★

Kind Hearts and Coronets'

28/06

réal. Robert Hamer

sorti en 1949

UK

Magnifique exemple d'humour comme seul les Anglais peuvent le faire, le tout doublé d'une critique plutôt bien fichue du système aristocratique. On retrouve ainsi une structure de "l'élimination des personnes qui m'empêchent d'accéder à un titre / poste" (ce qui est long comme nom, mais étonnement assez présent au cinéma) avec un Dennis Price brillant en délaissé de la famille cherchant vengeance et un Alec Guinness qui semble énormément s'amuser à jouer une petite dizaine de rôles différents.

A pinailler, je trouve juste dommage que le dernier quart tombe dans un film de procès plutôt soporifique (surtout que le film parvient à maintenir un rythme quasi-parfait jusque là).


P.P. Rider - ★★

ションベン・ライダー

25/06

réal. Shinji Sōmai

sorti en 1983

Japon

Pourtant la thématique chère à Somai, j'ai vraiment du mal à y voir un véritable coming-of age movie. Le film est brouillon, bruyant, accumule une masse de scènes pourtant bien réalisées (avec des chorégraphies parfois vraiment impressionnantes) mais juxtaposées de façon incompréhensible. On ne s'attache jamais vraiment à personne, et oui, même si on comprend en quoi le trio se sent perdu; c'est tellement peu évoqué que le final l'oublie totalement. De ce que j'ai lu, sans savoir si c'est vrai ou non, le film durait initialement 4h, avec la volonté de Somai de le sortir en 2 parties.

Là, avec 50% du film en moins et des intertitres dans tous les sens, le message se délite et l'attention se dilue. Toujours pas convaincu par l'univers du réalisateur.


Totò qui vécut deux fois - ★★

Totò che visse due volte

23/06

réal. Daniele Ciprì, Franco Maresco

sorti en 1998

Italie

J'ai toujours du mal à voir ce genre d'œuvre comme autre chose qu'une volonté puérile de choquer pour choquer. Bien sûr que le propos existe, bien sûr qu'il est pertinent dans le cadre d'une société Sicilienne ultra catholique et ultra conservatrice et bien sûr que représenter une société "sans Dieu" a un certain sens qui peut d'interpréter soit comme une perte de valeurs (en en faisant donc une œuvre elle-même conservatrice), soit comme les relents d'une société malade et noyée dans sa propre fou perverse (ce qui en ferait donc plutôt une oeuvre nihiliste).

Mais la provoc' à grand coup de scènes masturbatoires, aggressions sexuelles diverses et variées sur humains et animaux n'arrivent pas à me convaincre qu'il s'agit là plus que d'un gamin de 8 ans qui se croit subversif parce qu'il a appris le fonctionnement de son anatomie. Le film a une portée historique réelle (et a pas mal mis le bazar dans le système de censure Italien) et met en scène des "gueules" de cinéma qu'il serait impossible de voir autrement. Mais clairement, le résultat n'est pas pour moi.


Kaisha monogatari: Memories of You - ★★★★

会社物語 MEMORIES OF YOU

21/06

réal. Jun Ichikawa

sorti en 1988

Japon

D'une manière similaire au "No Life King" du même réalisateur, le film brille de la même façon par la place qu'Ichikawa accorde aux silences et à la solitude. Hajime Hanaoka est un manager vieillissant, perdu au travail comme à la maison, et n'est qu'à quelques mois de la retraite. Passionné de jazz et mélancolique d'un monde du travail qu'il n'apprécie guère mais qui aura défini 34 années de sa vie, il va se retrouver avec d'autres seniors de l'entreprise dans l'espoir de partir sur un "bang" : un concert. Mais la société change. L'influence Américaine sur le Japon (le Jazz entendu au cours du film est essentiellement Américain) laisse place à un contexte plus diffus, plus flou, mais aussi à une jeunesse plus perdue. C'est ce que j'aime le plus avec le cinéma d'Ichikawa : l'opposition des générations ne se fait jamais sur des critères agistes ou passéistes, mais montre systématiquement les deux groupes victimes d'une société qui ne les considérera jamais comme autrement que de simples numéros.

Le résultat est doux-amer, tendre aux notes de "Ikiru" de Kurosawa, et le jazz est top. Une réussite !


Talons Aiguilles - ★★★,5

Tacones lejanos

20/06

réal. Pedro Almodóvar

sorti en 1991

Espagne

Comme toujours dans les premiers travaux d'Almodóvar, l'intrigue est remplie d'une sensualité folle et d'une certaine queerness. On y trouve aussi tous les bons ingrédients de l'enquête policière : entre la maîtresse, la veuve éplorée, la mère distante, l'amant secret... Pourtant j'ai trouvé qu'il y manquait une toute petite étincelle pour que ce film brille encore plus fort.


Extravagances - ★★★★

To Wong Foo, Thanks for Everything! Julie Newmar

16/06

réal. Beeban Kidron

sorti en 1995

USA

Très mignon, l'intrigue se passant dans une toute petite bourgade américaine où les hommes font leur loi. Patrick Swayze casse la gueule d'un mec qui bat sa femme, bien sur que le film va avoir 4 étoiles ! Le reste du casting est tout aussi bon, Wesley Snipes et John Leguizamo étant également très touchants dans leurs rôles.


Volver - ★★★★,5

14/06

réal. Pedro Almodóvar

sorti en 2006

Espagne

Son chef-d'oeuvre, tout simplement. Les secrets, les mensonges et les doutes se mélangent avec brio dans le destin de toutes ces femmes et la tension persiste jusque dans les derniers instants : quel mensonge sera découvert ? Quel changement soudain va venir heurter la vie de Raimunda ?


Drôle de grenier ! - ★★★★

Na půdě aneb Kdo má dneska narozeniny?

09/06

réal. Jiří Barta

sorti en 2009

Rep. Tchèque

Très créatif dans ses idées de mise en scène en mélangeant autant de styles d'animation que de jouets, on excusera une banale histoire de princesse en détresse tant l'ambiance charme vite. Le méchant me fascine, ce "Mr. Tête" qui n'est qu'un vieux buste en bronze possédant des yeux et des oreilles partout : difficile de ne pas y voir une représentation d'un communisme désuet mais toujours présent, ne serait-ce que dans l'univers des jouets des années 60/70.


La Mélodie du Malheur - ★★★★,5

カタクリ家の幸福

06/06

réal. Takashi Miike

sorti en 2001

Japon

C'est toujours émouvant de revoir un film de Miike d'une époque où il se versait à corps et âme dedans. Loin du côté terriblement insipide de ses derniers films, "La Mélodie du Malheur" est un mélange détonnant d'humour noir, d'absurde tant dans les dialogue que dans la mise en scène (rien que la scène animée en stop-motion vers la fin du film me fascine à chaque fois) et finit par devenir un OVNI a lui tout seul, loin du film dont il est le remake (un film Sud-Coréen de 1989 appelé "The Quiet Family" qui est également un très bon film à sa manière, mais dans un registre radicalement différent.)

Lister les choses qui me font rires dedans serait trop long et gâcherait beaucoup de surprise mais je garde une tendresse particulière pour le personnage du grand-père interprêté par Tetsurō Tamba dans l'un de ses derniers rôles et celui du journaliste TV envahit par toutes sortes de bestioles joué par Naoto Takenaka, un acteur génial dont on parle beaucoup trop peu.


La Mélodie du Bonheur - ★★★★,5

The Sound of Music

05/06

réal. Robert Wise

sorti en 1965

USA

En bonne personne énervante que je suis, je suis assez pénible avec la durée des films - qu'ils soient d'hier ou d'aujourd'hui. Je ronchonne bien volontiers dès que le film dépasse les deux heures. Donc, ici, j'ai ronchonné. Et j'ai eu tord. Terriblement tort. Non seulement je n'ai pas vu les quelques 2h30 passer, mais je suis assez surpris du changement de ton du film qui ne parvient pas à la moitié du film comme on pourrait s'y attendre, mais plutôt vers le dernier tiers. Un changement qui n'est pas une surprise, tant on sent à travers le film que la situation politique n'est qu'une cocotte-minute sur le point d'exploser - et que les Nazis sont aux portes du pouvoir. Alors le film nous gratifie d'une scène qui fait un bien fou, surtout en ce moment où le fascisme revient à nos portes : Christopher Plummer empoignant un drapeau nazi pour le déchirer avec hargne.


La Cage aux Poules - ★★★,5

The Best Little Whorehouse in Texas

02/06

réal. Colin Higgins

sorti en 1982

USA

Assez mignon dans son énergie et ses numéros musicaux globalement tous très bons, c'est quand même dommage de ne pas voir plus Dolly Parton. On sent le film patiner dès le passage à la télévision et ne sait jamais sur quel pied danser (haha, t'as la ref?) entre développer la relation entre Mona et Ed ou poser les vraies bases d'une réflexion sur la place d'un tel établissement au sein d'un petit coin reculé du Texas. On obtient un résultat mi-figue, mi-raisin où rien n'est bouclé à fond. C'est bête, il ne manquait vraiment pas grand chose !