Ciné'log

2026

Mars

Avril

Mai


Ouroboros - ★★,5

28/04

réal. Basma Alsharif

sorti en 2017

Palestine / Qatar

L'exercice est aussi séduisant que très frappant au départ, la juxtaposition entre les paysages urbains et la destruction, la lente présentation d'une demeure, tout attire la curiosité avant de se perdre complètement dans un mélo très vaporeux sur un couple sans aucune alchimie. Le propos se dilue, et c'est bien dommage, tant la seule constance du film reste dans le travail de son image, toujours habilement réalisé.


Bons Baisers de Russie - ★★★★,5

From Russia With Love

23/04

réal. Terence Young

sorti en 1963

UK

Je serai prêt à mourir sur cette colline : "Bons Baisers de Russie" est le meilleur James Bond de Sean Connery. Déjà très à l'aise dans le rôle, tous les défauts de rythme et de jeu de "Docteur No" sont gommés, l'aspect "carte postale" de l'aventure est parfaite et il serait difficile d'imaginer un meilleur casting, que ce soit pour les alliés de Bond ou ses ennemis. Chose rare, je préfère même le film au livre, qui ne s'emcombre pas des longs monologues du SMERSH (remplacé par le SPECTRE dans le film, pour leur première apparition officielle) et nous donne déjà de belles séquences d'action.


Dimanches - ★★★★

Yakshanba

21/04

réal. Shokir Kholikov

sorti en 2023

Ouzbékistan

Parler d'un film de paysans Ouzbeks donne l'impression de regarder un mauvais TikTok sur le cinéma d'auteur, "Quand ton film préféré c'est pas un Marvel mais un film de paysans Ouzbeks". Et en soi, de l'extérieur, le film tombe dans ces clichés : un endroit reculé, un rythme très lent, très peu de dialogues... Mais si vous en avez l'occasion, regardez-le. Non seulement le film réserve quelque bons moments d'humour, mais il est terriblement universel dans notre rapport avec nos parents, et le leur avec une technologie qui les dépasse. Et se rendre compte qu'ils tiennent à leurs habitudes, leurs rituels qu'ils ont passé des décennies à bâtir, comme nous sommes en train de le faire sans nous en rendre compte. Alors loin des blagues faciles, on en ressort avec un pincement au cœur...


Legend of the Cat Monster - ★★,5

麗猫伝説

19/04

réal. Nobuhiko Obayashi

sorti en 1983

Japon

Un peu l'impression d'être passé à côté de quelque chose. Perdu dans un mélo assez peu intéressant malgré la bonne alchimie du tandem principal, même Obayashi peine à faire vivre ce téléfilm, semblant parfois "retenu" dans sa mise en scène ou ses effets. On gardera de jolis plans dans les derniers chapitres, une musique de fin très jolie, mais c'est à peu près tout.


Nous, les Vivants - ★★★★

Du levande

17/04

réal. Roy Andersson

sorti en 2007

Suède / Norvège / Danemark

Décidément très client du cinéma d'Andersson, entre son vert maladif et entêtant, sa tristesse ambiance zébrée de rares moments de tendresse, sa normalité bousculée par une excentricité souvent sciemment ignorée ; on peut reprocher à ce deuxième volet une narration moins impactant que le premier,mais on reste facilement captivé par les déambulations de ces "simples" habitants.es.


Je t'aime, je t'aime - ★★★★

14/04

réal. Alain Resnais

sorti en 1968

France

Qui l'eût cru ? Un film de boucle temporelle Français des années 60 ! Claude Rich, toujours excellent, se retrouve dans la peau de Claude Ridder, un homme hospitalisé après un accident grave qui accepte de participer à un curieux programme scientifique. Il va pouvoir se retrouver transporté dans son propre passé, mais très vite, les images se mélangent et la temporalité de ses souvenirs est sans dessus-dessous. C'est alors à nous, spectateurs, de recontruire son histoire - et d'essayer de comprendre un peu plus qui est exactement Claude Ridder. Une expérience passionnante.


Abdulladzhan, ou dédié à Steven Spielberg - ★★★★

Абдуллажон, ёки Стевен Спиелбергга багʻишланади

12/04

réal. Zulfikar Musakov

sorti en 1991

Ouzbékistan

La dédicace à Steven Speilberg vient d'un gimmick du film : celui-ci est raconté via une lettre qu'un soldat tenterait d'envoyer au réalisateur Américain pour lui raconter les derniers évènements surnaturels de son petit village. Un enfant a été retrouvé par un paysan, et ce bambin semble pouvoir exaucer tous les vœux des locaux, que ce soit pour avoir des pastèques gigantesques, beaucoup d'argent ou voler sur un balai. Une euphorie qui attire vite l'attention des autorités Soviétiques qui viennent mettre un terme à la fête. Le parrallèle avec la transition difficile du début des années 90 n'est pas difficile à comprendre, et on se rend compte de la lucidité des pays encore sous le joug de ce qui restait de l'URSS : tout change, mais au fond, rien ne bouge vraiment.


Cocorico - 0,5

11/04

réal. Julien Hervé

sorti en 2024

France

... Mais y'a que dalle à part des blagues racistes vaseuses en fait. Alors OK, je ne m'attendais à rien, soyons clairs, mais ce qui m'énerve encore plus, c'est la lâcheté abyssale du film. Un film sur les origines et les préjugés, avec un peu de courage et d'audace, ça peut donner quelque chose de sympa et d'assez subversif. Mais pas là. Là, on fait l'accent Allemand, on balance des blagues à n'en plus finir sur les Portugais et... on critique... Peugeot ? C'est vraiment ça le gros du film ? Oui. Du coup, non seulement c'est mauvais, mais en plus, on s'emmerde.


West Indies - ★★★★

07/04

réal. Med Hondo

sorti en 1979

Mauritanie / France / Algérie

Du cinéma fort. Si on connait plus facilement Med Hondo pour ses talents de comédiens de doublage, on oublie trop facilement qu'il fut également un réalisateur émérite, dont les films comme "West Indies" dénonce le colonialisme Français un peu partout autour du globe. Via des numéros musicaux filmés dans les anciennes usines Citroën du quai de Javel, on traverse les décennies et les horreurs, des premiers transferts d'esclaves à l'immigration forcée dans l'hexagone, qui durera jusque dans les années 70...


Fossilized Wilderness - ★★★

化石の荒野

06/04

réal. Yasuharu Hasebe

sorti en 1982

Japon

La fatigue n'a sûrement pas aidé, mais bon sang que l'intrigue est compliquée pour pas grand chose. Tout commence de façon assez sobre avec un piège tendu à un inspecteur en chef de la police Tokyoïte. Soit.

Deux heures plus tard, à grands renforts de frères et sœurs cachés, manipulation d'état, d'or volé, de bombardier écrasé et de beaucoup (beaucoup) de tôles froissées, on se retrouve tout de même avec un final assez haletant dans les pleines enneigées de Sapporo - même si on peine à recoller les bouts entre eux.

La vraie force du film vient de son ambiance : son héros ultra-cool qui porte des lunettes de soleil jour et nuit, des cascades bien fichues pour une production de 1981, des courses-poursuites très généreuses (et qui me font d'ailleurs beaucoup penser à du Fukasaku) et une extraordinaire musique qui parvient à faire osciller le film entre le classe et le kitsch avec une aisance folle.

Pas un film inoubliable donc, qui aurait mérité d'être plus court avec moins de twists capillotractrés, mais un bon moment tout de même.


Le Limier - ★★★★★

Sleuth

03/04

réal. Joseph L. Mankiewicz

sorti en 1974

UK

Deux acteurs. Il n'y a que deux acteurs dans ce film, c'est tout. Mais quels noms ! Laurence Olivier en Andrew Wyke, riche bourgeois amateurs de mystères et d'énigmes et Michael Caine en Milo Tindle, issu des classes populaires et de l'immigration Italienne. Les deux vont s'affronter dans un jeu mortel de dupes et de piègs, pour un résultat absolument jubilatoire. C'est également l'un de ses films où la VF excelle. Une merveille !